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Symptômes et santéHypoacousie : définition, types, degrés et bilan auditif

L’hypoacousie désigne une diminution de l’audition, quelle que soit sa cause ou son importance. Ce terme médical figure souvent sur une ordonnance ou un compte rendu ORL : voici ce qu’il signifie, comment on la classe et comment se déroule le bilan.

Jonathan OuanounouAudioprothésiste à Antony 6 min de lecture
Hypoacousie : définition, types, degrés et bilan auditif

Hypoacousie : définition

Le mot vient du grec : hypo signifie « en dessous » et akousis « l’action d’entendre ». L’hypoacousie est donc une audition inférieure à la normale. C’est le terme employé par les médecins et les audioprothésistes pour parler de ce que l’on appelle couramment une baisse d’audition ou une perte auditive.

Concrètement, une personne hypoacousique a besoin que les sons soient plus forts pour les percevoir, ou distingue moins bien la parole. L’hypoacousie peut être légère et passer presque inaperçue, ou au contraire importante.

Hypoacousie, surdité, presbyacousie : quelles différences ?

Ces mots sont souvent employés l’un pour l’autre. Leurs nuances sont pourtant utiles pour comprendre un compte rendu :

  • Hypoacousie : terme général désignant toute diminution de l’audition, de légère à profonde.
  • Surdité : dans le langage courant, ce mot évoque une perte importante. En médecine, il est aussi utilisé plus largement, par exemple « surdité légère ».
  • Cophose : absence totale d’audition d’une oreille.
  • Presbyacousie : hypoacousie liée au vieillissement de l’oreille. C’est la forme la plus fréquente après 60 ans, détaillée dans notre article sur la presbyacousie.

Autrement dit, la presbyacousie est une cause d’hypoacousie parmi d’autres.

Bilan auditif en cabine insonorisée

Les différents types d’hypoacousie

On classe l’hypoacousie selon la partie de l’oreille concernée :

  • Hypoacousie de transmission : le son est mal transmis par l’oreille externe ou moyenne (conduit, tympan, osselets). Exemples : bouchon de cérumen, otite, perforation du tympan, otospongiose. Ces formes peuvent parfois être traitées médicalement ou chirurgicalement.
  • Hypoacousie de perception, dite aussi neurosensorielle : l’oreille interne (cochlée) ou le nerf auditif sont touchés. Elle est souvent liée à l’âge, au bruit ou à certaines maladies, et généralement définitive.
  • Hypoacousie mixte : association des deux mécanismes.

On précise également si elle est unilatérale (une oreille) ou bilatérale (les deux), symétrique ou non, et si elle s’est installée progressivement ou brutalement. Une hypoacousie asymétrique ou d’apparition rapide demande toujours un avis médical.

Ces informations, réunies, permettent de décrire précisément une hypoacousie. Par exemple : « hypoacousie de perception bilatérale symétrique, moyenne, prédominant sur les aigus ». Une formule qui peut sembler technique, mais qui résume en quelques mots l’essentiel de votre situation auditive.

Les degrés d’hypoacousie : de légère à profonde

En France, on se réfère couramment à la classification du BIAP (Bureau international d’audiophonologie). Elle s’appuie sur la perte moyenne mesurée sur les fréquences principales de la parole, exprimée en décibels (dB HL, l’unité utilisée en audiométrie) :

  • audition normale : perte moyenne jusqu’à 20 dB ;
  • hypoacousie légère : de 21 à 40 dB. La voix faible ou lointaine est mal perçue ;
  • hypoacousie moyenne : de 41 à 70 dB. La parole n’est bien perçue que si l’on élève la voix ;
  • hypoacousie sévère : de 71 à 90 dB. La parole n’est perçue qu’à voix forte, près de l’oreille ;
  • hypoacousie profonde : au-delà de 90 dB. La parole n’est plus perçue ;
  • cophose : aucune perception.

Ce chiffre moyen est un repère, pas un résumé complet. Une personne peut avoir une perte « légère » en moyenne mais très marquée dans les aigus, avec une vraie gêne de compréhension. Pour situer ces valeurs sur votre propre courbe, consultez notre guide comment lire un audiogramme.

Quels signes doivent faire penser à une hypoacousie ?

Les signes les plus fréquents sont indirects : faire répéter, monter le volume de la télévision, confondre des mots proches, se fatiguer au restaurant ou en réunion. Une personne peut entendre qu’on lui parle tout en comprenant moins bien ce qui est dit.

Des sifflements ou bourdonnements (acouphènes), une sensation d’oreille bouchée ou une gêne à localiser les sons peuvent aussi accompagner une hypoacousie.

Chez la personne âgée, l’hypoacousie passe souvent inaperçue car elle s’installe lentement. Elle peut se manifester de façon détournée : retrait des conversations, réponses à côté, impression de distraction. L’entourage joue alors un rôle clé pour encourager un bilan. Chez l’enfant, une hypoacousie peut se traduire par un retard de langage ou des difficultés scolaires et relève d’un suivi ORL spécialisé.

Notez avant votre rendez-vous les situations qui vous gênent le plus, l’ancienneté des difficultés et vos traitements en cours : ces informations aident le médecin à orienter son diagnostic.

Comment se déroule le bilan d’une hypoacousie ?

Le bilan associe plusieurs étapes complémentaires :

  1. L’entretien : depuis quand, d’un côté ou des deux, dans quelles situations, avec quels symptômes associés.
  2. L’examen de l’oreille par otoscopie, pour vérifier le conduit et le tympan.
  3. L’audiométrie tonale : des sons de différentes hauteurs sont envoyés au casque, puis par un vibrateur posé derrière l’oreille. La comparaison des deux permet de distinguer transmission et perception.
  4. L’audiométrie vocale : on vous demande de répéter des mots, pour mesurer la compréhension.
  5. D’autres examens, décidés par l’ORL selon les résultats (par exemple une tympanométrie ou une imagerie).

Le diagnostic et la recherche de la cause relèvent du médecin ORL. L’audioprothésiste réalise ses propres mesures pour vous conseiller et, si un appareillage est prescrit, régler précisément les aides auditives.

Lorsque l’ORL prescrit un appareillage, l’ordonnance mentionne souvent le type et le côté de l’hypoacousie. Cette prescription médicale (ORL ou médecin traitant selon les cas) est nécessaire pour le remboursement par la Sécurité sociale et la mutuelle.

Quand consulter rapidement ?

Une baisse d’audition soudaine, surtout d’un seul côté, avec ou sans acouphène ou vertige, nécessite un avis médical le jour même. Il s’agit d’une urgence : notre article sur la surdité brusque explique pourquoi il ne faut pas attendre.

Pour une gêne progressive, un bilan auditif permet de faire le point sereinement. Au centre SONAR d’Antony, nous prenons le temps de vous expliquer vos résultats. Prenez rendez-vous ou appelez le 01 46 15 60 15.

Questions fréquentes

L’hypoacousie est-elle une maladie ?

L’hypoacousie est un symptôme, c’est-à-dire une diminution de l’audition, et non une maladie en elle-même. Elle peut avoir de nombreuses causes : vieillissement, bruit, otite, bouchon de cérumen ou maladie de l’oreille. C’est cette cause que le bilan médical cherche à identifier.

Une hypoacousie peut-elle disparaître ?

Certaines hypoacousies de transmission régressent une fois la cause traitée, par exemple après le retrait d’un bouchon ou la guérison d’une otite. Les hypoacousies de perception sont en général définitives. Des aides auditives peuvent alors améliorer l’accès aux sons et à la parole.

À partir de quel degré d’hypoacousie faut-il un appareil auditif ?

Il n’existe pas de seuil unique. La décision tient compte des mesures, mais aussi de la gêne ressentie dans la vie quotidienne et de la compréhension de la parole. Une hypoacousie légère peut justifier un appareillage si elle pénalise les échanges.

Que signifie « hypoacousie bilatérale » sur une ordonnance ?

Cela signifie que la baisse d’audition touche les deux oreilles. C’est le cas le plus fréquent lorsque la perte est liée à l’âge. Le compte rendu précise souvent aussi le type (transmission, perception ou mixte) et le degré.

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